Stéphanie : une voix du gospel, mannequin taille plus candidate à élection de Miss Ronde Guadeloupe

Cette guadeloupéenne de 32 ans, en vraie insulaire, aime particulièrement la mer, faire des randonnées aquatiques ou se prélasser tranquillement dans les eaux claires de sa chère île. La chanson est également une de ses grandes passions. Le milieu du gospel l’a vu débuter et elle y a évolué durant de nombreuses années avant de s'adonner à d'autres styles musicaux tels que le reggae, le jazz, la soul, la variété, la soul caribéenne, le zouk. Aujourd’hui, elle cultive une nouvelle passion : le mannequinat. 

Stéphanie, la chanteuse :

 Ses débuts …

« J'ai commencé la musique à l'âge de 13 ans. Nous étions assise, ma sœur jumelle et moi, dans la cour de récréation lorsqu’une jeune fille nous a abordées. Elle était sur le point de démarrer sa chorale de Gospel et nous a alors demandé si nous étions intéressées. Nous avons tenté l'aventure. Et ainsi commença le chant sur scène et non plus sous la douche (rires). » 

Les concours, la discographie, …

Ces dernières années, cette chanteuse a participé à de nombreux concours tels que le concours Voix Off organisé par coachingvoixoff (5ème), le tremplin de la ville de St Denis en France (podium, en troisième place), le concours de la chanson créole, la comédie musicale Hello de Joël Pétrus.

Elle a fait les chœurs sur deux albums : Gospel sur la colline, Sonnet (Max Rambojan) ainsi que pour des artistes underground Bisioul, Tronixx, etc … et travaille, d'ailleurs, activement sur la préparation de son album avec les pianistes Didier Nemorin et Kevin Songeons,

Sa formation musicale …

Vous ne nous croiriez pas si nous vous disions que sa première école musicale a été les dessins animés de Disney. Les chants de messe ont suivi, par la suite jusqu’à la découverte de la chanteuse Lara Fabien et du Gospel. C’est ainsi qu’elle a intégré durant trois ans la maison de la musique à Basse-Terre. Arrivée à Paris, en France, elle a travaillé avec le technicien de la voix, Lubin Régent et a continué sa formation sur le terrain en tant que choriste, soliste ou encore dans les jams sessions.

La musique comme mode de vie …

Stéphanie affirme : « pas de la manière dont nombre de ses amis la vivent actuellement ». Les déplacements d'un pays à l'autre, les répétitions hebdomadaires avec les groupes, les désistements de tel ou tel musicien à la course au plus gros cachet, etc … elle n’en veut plus maintenant. Elle aime chanter mais aime sa vie, avant tout. En revanche, faire quelques prestations de manière ponctuelle, cela lui va très bien. « Le métier de musicien est un très beau métier mais pour avoir de nombreux amis professionnels, je ne les envie pas. Je les remercie simplement de me faire passer de bons moments quand ils sont sur scène.

Ses prochaines productions musicales …

 

-      les 26,27 et 28 mai lors de représentations de la comédie musicale Gospel sur la colline de Benjamin Faleyras, à Basse-Terre et au Gosier (Guadeloupe)

-      le 10 juin 2016 avec le groupe KA'LIB, à Capesterre-Belle-Eau (Guadeloupe) 

Stéphanie, le mannequin : 

Le mannequinat …

Elle y fait ses premiers pas en tant que mannequin dit grande taille, taille plus ou encore plus size – termes qui lui font rire -  au début de l'été 2015, lors d'une vente privée à la ville du Moule, durant laquelle elle défilait pour le compte d’une boutique appelée X'ELLES puis au WTC.

Juin 2016 marquera son premier défilé en maillot de bain pour le lancement d’une marque nommée LLC.

En général, elle défile ou fait des shootings photographiques ; notamment pour la boutique Beauty Style Accessoires. Toutefois, ces opportunités sont arrivées sans qu’elle ne les cherche vraiment, dans le simple but de s’amuser. Cependant, Stéphanie aime que la femme soit mise en valeur, qu’elle soit élégante et assume ses rondeurs en les portant sans aucune honte et aujourd’hui, elle se projette davantage dans ce métier.

A la question à savoir si elle prend le mannequinat comme un tremplin vers une autre chose, ou comme quelque chose qui va se concrétiser sur un plan professionnel, elle répond :

« Pour être honnête, pour le moment je m'amuse. J'aime les photos bien faites. J'apprécie le travail d'un photographe qui cherche à sublimer, à rendre hommage. J'aime aussi pouvoir dégager quelque chose, permettre à d'autres femmes de se retrouver, voir de se projeter dans les tenues que je porte. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce métier est difficile car il demande une extrême rigueur, une excellente présentation, un parfait contrôle des gestes et poses tout en paraissant naturelle sur des talons aiguilles de 15 cm qui ruinent les pieds (rires). Mais bon on ne va pas se plaindre non plus, hein ! Si par la suite cette passion se concrétisait sur le plan professionnel, je tenterai l'aventure avec grand plaisir... » 

L’utilisation du terme « taille plus » …

Stéphanie est mitigée quant au débat qui existe sur l’utilisation de ce terme. Elle nous confie : « Comme toujours, je pèse toujours le pour et le contre. A l'instar de Tess Holliday, je me suis demandé le pourquoi d'un tel débat. Pour certains, cela n'est peut-être qu'une appellation, un terme, une particularité... J'ai compris le sentiment des mannequins comme Stefania Ferrari, Jameela Jamil ou encore Melissa Mc Carthy... car effectivement, la désignation « taille plus » peut déranger dans la mesure où elle vous met dans une case. Stefania Ferrari publiait une photo d'elle sur laquelle le message « I'm a model » est inscrite. Au-delà de « Taille plus », on est avant tout une femme à part entière.

D’un autre côté, je ne m'offusque pas plus que cela de l'appellation « Taille plus », « Plus size », « Grande taille », etc … tant qu'elle est relative au métier de mannequin. En effet, dans le monde professionnel, nous avons tous un intitulé de poste qui désigne le métier que nous exerçons. Alors pourquoi « mannequin plus size » pourrait dérangersi cela nous permet d'accéder plus rapidement à nos recherches ? » 

Le mannequinat, outil d’acceptation de soi et/ou de prise de confiance …

Selon Stéphanie, cela s’inscrit dans une bonne démarche. « Les êtres humains ont besoin d'être heureux, de vivre leurs envies et de se réaliser. Et cela passe par l'acceptation de soi avant celle des autres ! Chacun a sa méthode. Pour ma part, il y a longtemps que je me suis acceptée telle que je suis car c'est ainsi ! Comme certaines, j'ai tenté des régimes qui n'ont pas marché - pire, j'ai repris le double -, fais du sport, etc … ; mais, aujourd'hui, je ne me vois plus stresser mon corps à nouveau. Je sais les limites que je ne veux pas dépasser aussi et je les respecte. » affirme-t-elle.

Elle poursuit : « Pour Stéphanie Rupaire, le fait de devenir mannequin est avant tout l'envie de tenter une nouvelle expérience qui l'appelait depuis un certain temps déjà mais c'est surtout et avant tout pour se faire plaisir. »

Le degré de responsabilité de l’industrie de la mode face à l’épidémie d’anorexie

« On ne peut pas tout mettre sur le compte de l'industrie de la mode. Certes, la société tend à véhiculer une image erronée et négative de ce qu'est la réalité aujourd'hui. Des prisons invisibles sont ouvertes et les personnes qui se soumettent à ces jougs mentaux s'emprisonnent elles-mêmes dans ces stéréotypes ridicules ! A un moment donné, il est nécessaire de se réveiller et de vivre sa vie comme on l'entend et non pas comme la société le voudrait. Être trop gros ...à partir du 40 ! Non, mais je rêve ?! Il appartient à chacun d'adhérer ou non, de se laisser diriger par l'industrie de la mode ou de décider pour soi-même, de penser par soi-même, de s'affirmer. » dit-elle.

Stéphanie pense que l'anorexie est une maladie à prendre au sérieux et que tout comme la boulimie, c’est une maladie « psychologique » qui se répercute sur le physique, se traduit par les manifestations que nous connaissons, sur le corps.

Elle rajoute : « Les personnes anorexiques ont, en général, une vision déformée d'elles-même et elles se voient toujours trop grosses, ne correspondant pas aux normes - que dis-je ? - aux diktats imposés par la société. Même si l'industrie de la mode a sa part de tort dans ce mal-être, il faut tout de même garder à l'esprit que le comportement anorexique est dû, en majeure partie, à de nombreux facteurs autres que l'image renvoyée à la société. La vraie question est qui est « la société » ? C'est chacun de nous. Cela commence, la plupart du temps, dans le cercle familial, par exemple : l'importance donnée par la famille à une silhouette mince, l'incapacité dans la famille à communiquer, à gérer les conflits et à s'aimer, les phobies ou encore la peur du regard que posent les autres sur soi, la difficulté à se faire des amis, le stress, etc... Le manque d'amour et de considération commence par notre propre entourage. L'anorexie et la boulimi, sont deux extrêmes mais deux sujets à prendre au sérieux ; il faut être à l'écoute de ces personnes car elles souffrent inéluctablement. »

Les changements à adopter par les compagnies de vêtements « taille plus » …

Pour notre mannequin guadeloupéen, ces compagnies se doivent de proposer des vêtements qui mettent la femme ronde en valeur, d’étudier les morphologies et de créer des vêtements épousant toutes sortes de courbes. De plus, les stylistes « taille plus » ont, selon elle, la mission de se faire connaître car nous la citons : « on nous a vendu pendant trop longtemps des vêtements sans aucune élégance. Etre ronde ne signifie pas vouloir … non, DEVOIR s'habiller comme un sac !

L'élégance, le glamour, la classe, la Be sexy attitude... : voilà ses attentes.  

La place de la femme noire ronde dans la mode ou la publicité …

« Comme d'habitude, quasi-inexistante ! Il est même d'usage, aujourd'hui, de peindre des femmes blanches de manière à ce que leur couleur de peau soit noire… Sans commentaire... ». Toutefois, elle rajoute : « J'ai eu tout de même l'occasion de voir des mannequins noirs et arabes sur Youtube, ce qui m'a ravie. Les mentalités évoluent à pas de fourmis, certes mais sûrement. »

Ses attentes désespérées dans ce milieu pour les femmes aux formes voluptueuses  

Elle nous répond en riant : « Je n'attends rien désespérément... comme je n'attends rien, en particulier, de ce milieu. Toutefois, je salue le réveil (enfin) des créateurs qui souhaitent réellement proposer aux femmes rondes un éventail de toilettes plus somptueuses les unes que les autres, des tenues enfin dignes de ce nom... à moins qu'ils n'aient compris que, phénomène de société grandissant, le business sera plus rentable.

Qu'importe ! Aujourd'hui, je suis ravie, qu'enfin, nous, femmes rondes, puissions nous habiller bien plus élégamment qu'auparavant. » 

Le concours de Miss Ronde Guadeloupe 2016 …

Par hasard, sur Facebook, Stéphanie entend parler de ce concours et voit une nouvelle aventure qui s’offre à elle. C’est dont tout bonnement qu’elle la saisit. Selon elle, c’est bien plus qu’une cause. C’est un état d’esprit, une philosophie, sa philosophie : s’accepter en dépit des remarques d'autrui, ne pas avoir besoin d’une reconnaissance qu’elle soit positive ou négative, s'aimer soi-même avant d'attendre l'amour des autres. En somme, être soi ! Voilà ce qu’elle souhaiterait véhiculer.

Elle nous confie « Je ne veux plus avoir à me dire "et si j'avais"... Je souhaite, avant tout, prendre plaisir dans ce "voyage" avec des jeunes femmes qui, comme moi, sourient à la vie. Au-delà de l'élégance et du glamour, il y a de réels sujets à défendre tels que l'amour de soi et le bien-être et, vous et moi savons combien il est difficile de faire avancer les mentalitésé. Mais faisons fi de cela et décidons, imposons la place de la femme ronde, notre place, dans la société et dans les mentalités. On est ou on n'est pas ! Et en l'occurrence, nous sommes. Alors, à très vite ! »

Le titre de cet article selon Stéphanie … 

-      Pour l'acceptation de la différence. Mais quelle différence ?

-      Venez avec nous, dans notre monde, il y a de l'amour et du bonheur, acceptons-nous, aimons-nous d'abord,


unnamed.jpg

« Avec son bagage intellectuel axé sur le management d’affaires et la gestion des entreprises, Angélique Marguerite Berthe Diène aka Blacky Gyan dirige A'S de la Perfection, un concept-store éthique et solidaire alliant africanité et modernité : mode, design, photographie, ... et créé par son jeune frère, Stefdekarda et a fondé R Magazine ou la re-naissance de l’Art qui se veut, à travers le monde, être le miroir d'artistes ou d’arts connus mais surtout "inconnus" ou méconnus. Elle est dans une perspective de construire le rêve africain et a, notamment, co-lancé Afro Women Workshops, un regroupement de femmes entrepreneures «africaines» de souche ou de coeur. »